Des anges et des mots: une finale de saison intense

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Montréal, le 8 juin 2017 – La dernière soirée Des anges et des mots de la saison sera marquée du sceau de l’intensité alors que les animateurs Claudine Lippé et Robert Hamel recevront Clodius Le Rimailleux, Thieu, Jade Cormier et Mathieu Laframboise le 13 juin prochain à compter de 19 h.

clodiusAuteur prolifique et brillant, Clodius Le Rimailleux s’est produit à plusieurs reprises lors d’événements à Montréal. En 2015, il a remporté le deuxième prix du Concours de poésie Antidote des Dix heures de poésie. Il contribue et participe aux événements La Tribune anarchiste, le troisième mercredi de chaque mois à la bibliothèque DIRA (2033, boulevard Saint-Laurent), et gère la page Facebook Le Grumeau, l’un des points de rassemblement des aficionados de poésie de la métropole et d’ailleurs.

13267829_837972909680767_5008777399667638367_nOutre Clodius, trois jeunes auteurs viendront compléter le quatuor d’invités, soit: Thieu, un auteur qui décrit la psychose urbaine de nos sociétés modernes avec une dégaine déjantée frôlant l’horreur; 15219521_10154183594633553_4230400314934365395_nMathieu Laframboise, un jeune dramaturge qui explore la beauté et la douleur de l’être avec une plume singulière et une interprétation d’une rare intensité; et Jade Cormier, 18767799_1393680100655327_7537838083141172792_nune jeune photographe/auteure féministe et anarchiste qui livre une poésie à la fois engagée, lucide et sans compromis.

 

À propos de Lézanges

18699804_10155041475156117_5074419535920003092_nClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé Lézanges en 2015. Le duo s’est produit en première partie du spectacle de Beatrice Keeler le 20 mai dernier à la salle Claude-Léveillée de la Place des arts. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer, 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voies en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Ste-Cath

BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Lézanges et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 13 juin 2017. La soirée commencera dès 19 h. Le Bistro Le Sainte-Cath est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie-IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Vous pouvez réserver votre place en composant le: 514-223-8116.

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Pour renseignements:
Robert Hamel
roberthamelap@gmail.com
514-831-8798

Lézanges reçoivent Henry Saint Fleur

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Montréal, le 6 avril 2017 – Le poète montréalais d’origine haïtienne Henry Saint Fleur sera l’invité principal du duo poétique Lézanges à l’occasion de la sixième soirée Des anges et des mots de la saison 2016-2017. Cette soirée aura lieu le 11 avril prochain dès 19 ­h, au Bistro Le Ste-Cath (4264, rue Sainte-Catherine Est).

17523050_1461183153945968_8148195463102764338_nArtiste multidisciplinaire – il est aussi comédien, homme de radio et photographe à ses heures -, Henry Saint Fleur lira des extraits de son plus récent recueil, l’inédit Rêver le pays natal (2016). Outre cet opus, M. Saint Fleur a entre autres publié Transhumance (1994) ainsi que de nombreux autres textes dans diverses revues et collectifs, au Québec et à l’étranger.

17796508_1461183310612619_7264157404891005745_nEn plus de M. Saint Fleur, le fidèle public du Bistro Le Ste-Cath pourra voir et entendre trois autres auteur-e-s de talent, soit Nathalie Lachance, Hugh Hazelton et Tanya Lapierre. Poétesse au verbe sombre comme certains se plaisent à la décrire, Nathalie Lachance séduit le public avec la puissance évocatrice des symboles et des mythes qui parsèment ses textes.

17800448_1461183440612606_3253173736344105588_nÉcrivain et traducteur, Hugh Hazelton croit pour sa part en une poésie déclamatoire, politisée, expérimentale, visuelle, récitée, chantée et balbutiée qui mord, caresse, fait rire, confronte, se lamente, nomme, imagine, rappelle, évoque, s’inscrit en faux et pousse à la réflexion. M. Hazelton a été publié en anglais, en français et en espagnol.

17457355_1456694674394816_894597484137831257_nTanya Lapierre, elle, se décrit comme une vagabonde dans la métropole qui a passé sa vie à scruter les rues de la ville à la recherche de son idéal. Elle affirme que la musique et la poésie l’ont sauvée de la pauvreté du coeur et qu’elle leur doit tout son amour.

Enfin, mentionnons que huit personnes sont inscrites au micro libre.

Quelques mots sur Lézanges
LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé Lézanges en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

Quelques mots sur le Bistro Le Ste-Cath
BistroEn phase avec la collectivité, le Bistro Le Ste-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à des organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelques 260 spectacles gratuits et variés.

Lézanges et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 11 avril 2017 à compter de 19 h. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie-IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Pour réservations: 514-223-8116.

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Lézanges reçoivent Yvon d’Anjou le 9 mai

Montréal, le 3 mai 2017 – Lézanges recevront le poète underground bien connu Yvon d’Anjou dans le cadre d’une soirée de poésie qui promet d’être full testostérone et rock n’ roll le 9 mai prochain au Bistro Le Ste-Cath.

15781252_10208176716801637_2615734143436702615_nYvon d’Anjou, que plusieurs considèrent comme l’héritier spirituel des Lucien Francœur, Denis Vanier et autres Louis Geoffroy, a publié six recueils au cours des dernières années, dont Urbanidées, publié en 2013 (prix de la Fédération québécoise du loisir littéraire et prix Fernande Pelletier-Neveu), sans compter tous les autres projets qu’il mijote. Le poète originaire de Saint-Henri, qui se réclame à la fois de la beat generation et de la contre-culture du tournant des années 1970, livre une poésie percutante et musicale, teintée d’existentialisme, d’américanité et de québécitude.

Trois autres poètes compléteront l’affiche, soit :

10448451_10153115503993662_1611490024171158858_oAlain-Arthur Painchaud, qui a acquis ses lettres de noblesse entre autres au sein du légendaire groupe Conventum et de la mythique revue Steak Haché;

marcogeoffroyMarco Geoffroy, un auteur qui a remporté le prix Alphonse-Piché 2012 pour sa suite poétique Coma symphonique, publié cinq ouvrages et reçu des éloges radiophoniques de nul autre que Jean-Paul Daoust;

imagesderfDerf (www.fred00.com), musicien à la feuille de route étoffée, entre autres au sein de Master in fine. Derf, qui en 2015, a lancé l’album dark folk Le Temps Bourg, prévoit publier un recueil de poésie et un album d’ici la fin de 2017.

Cette soirée devait avoir lieu à l’origine le 14 mars dernier, mais plus de 50 centimètres de neige sont alors tombés sur le sud-ouest du Québec, rendant les routes impraticables et forçant le report de cet événement. Mardi prochain, les amateurs de poésie percutante à la sauce rock n’ roll seront enfin servis à souhait.

À propos de Lézanges
LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé Lézanges en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer, 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voies en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Ste-Cath
BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com). Combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaire et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Lézanges et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 9 mai 2017. La soirée commencera à 19 h. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie-IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Vous  pouvez réserver votre place en composant le : 514-223-8116.

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Une Saint-Valentin déjantée avec les anges et leurs invitées

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 Montréal, le 9 février 2017 – Les anges déçus promettent à leur fidèle public une Saint-Valentin déjantée alors qu’ils déclineront érotisme et amour charnel de multiples façons le 14 février prochain au Bistro Le Sainte-Cath, comme en témoigne le thème de la soirée, L’amour s’envoie en l’air.

12240135_10207721323901896_7325289268768785964_nLa flamboyante Frédérique Marleau, qui vient tout juste de lancer son quatrième recueil de poésie, Je mets le feu à la nuit, paru aux Éditions Marjac le 15 janvier dernier, sera la tête d’affiche de cette cinquième soirée Des anges et des mots. Les anges ont arrêté leur choix sur Frédérique en raison de son érotisme percutant qui ne fait pas toujours dans la dentelle… et préfère souvent le cuir clouté!

384352_437095189655757_1268064372_nTrois autres poétesses invitées seront réunies autour des anges. Pascale Cormier, qui lançait l’an dernier un troisième recueil, Une cathédrale de chair, aux Éditions de l’étoile de mer, conjugue sentiments humains et érotisme avec une soif criante de vérité.

mel_bueMél Bué, qui a elle aussi lancé un premier recueil en 2016, intitulé MéliMémo, aux Éditions Empire Desmarais Lavigne, ravira le public avec des textes adroits et plein d’esprit.

16216185_1251096814981231_668620058_nEnfin, Sonya Deschamps complétera ce quatuor de choix avec sa plume élégante, étonnante et nuancée à souhait.

16244292_1867233496893071_1119514794_nPour souligner ce spécial Saint-Valentin déjanté, les anges ont décidé d’offrir à leur fidèle public un cadeau de choix. En effet, Cœur de Lyon charmera l’assistance avec un numéro burlesque qui rendra hommage à la spectaculaire Jessica Rabbit, icône sensuelle bien connue des cinéphiles.

À propos des anges déçus
LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé les anges déçus en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Sainte-Cath
BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Les anges déçus et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 14 février 2017 à compter de 19 h. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. IL EST FORTEMENT CONSEILLÉ DE RÉSERVER, SURTOUT EN CETTE SOIRÉE DE SAINT-VALENTIN : 514-223-8116.

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Les anges reçoivent la poète Audrey Gauthier

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12072578_10153844192215934_6800274054399163380_nMontréal, le 5 janvier 2017 – La jeune poète Audrey Gauthier sera la tête d’affiche de la soirée Des anges et des mots du 10 janvier prochain. Outre Audrey, les anges accueilleront également Brigitte Therien, Vicki Laforce et Normand Lebeau.

Audrey Gauthier a signé un premier recueil remarqué, Une espèce de l’abîme, aux Éditions du Noroît en 2016. Certains de ses textes ont également été récités par Chloé Sainte-Marie sur son livre-disque À la croisée des silences, paru à l’automne 2014.

10418305_679409788778951_1559417837449555285_nEnsemble, Brigitte Therien et Normand Lebeau co-animent La Cour des poètes depuis maintenant quelques saisons. Brigitte Therien est venue à la poésie de micro par le slam, duquel elle a conservé le goût de textes brefs et percutants, mais mis de côté l’aspect compétitif au profit de prestations plus théâtrales.

15492285_1292245327531984_5826002250477985310_nPour sa part, Normand Lebeau a donné dans la nouvelle avant d’opter pour une prose poétique, résultat de sa participation à un cercle de poésie. Sa verve déjantée et irrévérencieuse a fait de lui l’un des poètes les plus rigolos qui soient et il ne rate jamais une occasion de dérider l’assistance.

15826725_102319423607471_9108349486270614233_nÀ ce jour, Vicki Laforce a signé quatre recueils de poésie, dont les deux plus récents aux Éditions de l’étoile de mer. Ces dernières années, elle s’est éloignée de la scène pour se concentrer sur l’écriture. Elle prépare en ce moment un cinquième recueil et un premier roman.

À propos des anges déçus

LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé les anges déçus en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Sainte-Cath

BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Les anges déçus et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 10 janvier 2017. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Il est fortement conseillé de réserver : 514-223-8116.

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Rambo

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13307252_1067094796647194_6008950600221974629_nPascale Cormier est écrivaine et traductrice. Depuis 2014, elle a publié quatre œuvres littéraires : trois recueils de poésie (La fille prodigue, 27 variations sur le thème du désir et Une cathédrale de chair) ainsi qu’un récit (Cendrier) aux Éditions de l’étoile de mer. Le texte ci-dessous a d’abord été publié sur la page Facebook de l’auteure.

Qui se souvient de la série de longs-métrages mettant en scène le personnage de Rambo, interprété par Sylvester Stallone? Si les trois derniers films de la série peuvent être vus comme de médiocres glorifications de la puissance américaine, le premier était tout différent. Soldat démobilisé et désabusé de la guerre du Vietnam, sacrifié par une bureaucratie cynique qui se soucie du sort des vétérans comme d’une guigne, Rambo, dont l’armée a fait une véritable machine à tuer, se révolte et en vient à détruire une petite ville, se retournant contre ceux qui l’ont délibérément sacrifié et n’ont jamais voulu l’entendre.

Depuis que le célèbre Bernard «Rambo» Gauthier a annoncé qu’il faisait le saut en politique, j’en vois beaucoup se gausser de ce personnage mal dégrossi qui tient un discours confus et vaguement xénophobe. Cela n’est pas sans rappeler l’annonce de la candidature de Donald Trump à l’investiture républicaine, qui a fait les gorges chaudes à l’époque. À gauche comme à droite, toute la classe politique, et tout ce que l’Amérique compte de citoyens éduqués et «engagés », a jugé risible l’irruption de ce trublion dans l’arène politique américaine, et personne ne lui accordait l’ombre d’une chance de se rendre à la Maison Blanche. On connaît la suite…

Si nous voulons freiner la montée de l’extrême-droite en Occident, il est urgent de tirer les leçons de l’élection de Donald Trump, sous peine de voir se multiplier les phénomènes du genre. Malgré tout ce que son discours peut avoir de rebutant, notre «Rambo» national met en évidence des problèmes bien réels qu’on aurait tort de prendre à la légère. Quoi qu’on puisse penser de lui par ailleurs, Monsieur Gauthier n’a pas tort d’affirmer que de plus en plus de Québécois sont «écœurés d’être écœurés». On peut juger excessive son affirmation selon laquelle nous sommes «au bord de la guerre civile», mais il est certain que de dangereux clivages sont en train de s’installer au sein la population, et que ça n’augure rien de bon pour l’avenir.

Donald Trump a été porté au pouvoir, d’abord et avant tout, par les régions déshéritées des États-Unis, véritables zones sinistrées de la mondialisation des marchés et de la désindustrialisation qui en a découlé. Il n’a pas été élu par la riche Californie, ni par l’ultra-moderne New York, la politicienne Washington ou les villes universitaires de l’Ivy League. Il a été élu par les laissés-pour-compte, les hillbillies méprisés, les cols bleus humiliés, la classe moyenne à bout de souffle – toute une Amérique depuis trop longtemps abandonnée par une classe politique affairiste et cynique et, plus encore, par des élites intellectuelles condescendantes dont les discours n’arrivent plus à rejoindre la population.

Bien sûr, «Rambo» Gauthier n’est pas Donald Trump : ce dernier est un milliardaire, magnat de l’immobilier, doublé d’une star de téléréalité, qui appartient donc à la fois à l’élite financière et à celle des médias, bien qu’il se soit présenté comme le candidat «anti-establishment». Tout le génie du personnage consiste à avoir pu faire avaler cette énorme couleuvre à l’électorat. C’est dire qu’un grand nombre d’électeurs américains étaient, eux aussi, «écœurés d’être écœurés», au point de s’en remettre au premier venu qui leur promettait de donner un grand coup de balai dans ces élites arrogantes, indifférentes aux problèmes et aux préoccupations des «gens ordinaires».

Notre «Rambo» national, lui, s’est fait connaître comme goon de la FTQ sur les chantiers de la Côte Nord, intimidant les travailleurs venus d’ailleurs – dont on considérait, à tort ou à raison, qu’ils «volaient» des emplois aux travailleurs locaux – ainsi que les entrepreneurs réfractaires aux règles syndicales. Les grands médias l’ont présenté comme une sombre brute mais, curieusement, la plupart des gens de sa région ont plutôt vu en lui une sorte de héros local. Seul contre tous, à la manière du Rambo cinématographique, il se battait bec et ongles pour les «gens ordinaires» contre une bureaucratie omnipotente et sans âme, et une classe affairiste véreuse et méprisante.

Contrairement à Trump qui, nonobstant son protectionnisme affirmé, penche très nettement du côté du néolibéralisme le plus extrême, d’inspiration libertarienne – moins d’État, moins de règles, moins de syndicats, tout pour le profit – les positions de «Rambo» Gauthier sont plus ambiguës, son passé syndical l’identifiant plutôt à gauche tandis que certaines de ses déclarations, notamment sur l’immigration, l’apparentent davantage à une droite identitaire intransigeante – et assez peu ragoûtante, vue de la cosmopolite et moderne Montréal.

Néanmoins, on aurait grand tort de balayer son discours du revers de la main. Ce que «Rambo» Gauthier exprime, de façon plus ou moins maladroite, c’est un immense ras-le-bol de nos concitoyens des «régions», et de tous ceux qu’on abandonne à leur sort et qu’on refuse d’entendre en discréditant par avance leurs propos, sous prétexte qu’ils ne sont pas conformes à ce qui est jugé «acceptable» par les élites intellectuelles, politiques et médiatiques. Nous sommes pareils à la proverbiale autruche qui, face au danger qui approche, s’enfouit la tête dans le sable dans le vain espoir que la menace va disparaître d’elle-même si elle cesse de la regarder.

Ce que «Rambo» Gauthier exprime, de façon plus ou moins maladroite, c’est un immense ras-le-bol de nos concitoyens des «régions», et de tous ceux qu’on abandonne à leur sort et qu’on refuse d’entendre en discréditant par avance leurs propos, sous prétexte qu’ils ne sont pas conformes à ce qui est jugé «acceptable» par les élites intellectuelles, politiques et médiatiques.

Bien entendu, les immigrants ne sont pas responsables du malaise des régions, ni d’une exclusion sociale dont ils font eux-mêmes les frais plus souvent qu’à leur tour. Mais toute l’histoire de l’humanité témoigne de ce qu’en période de crise, les populations tendent à chercher des boucs émissaires, et ceux qui les manipulent leur en fournissent complaisamment : c’est ce qu’on appelle de la «wedge politics», de la diversion pour rejeter sur un groupe facilement identifiable la légitime colère du peuple envers ses exploiteurs.

Depuis que nos deux référendums ratés ont sonné le glas de la Révolution tranquille au Québec, nous avons été abominablement trahis par une classe politique affairiste, cynique et méprisante, qui s’est mise ouvertement au service du grand capital contre les intérêts de la population. Nos régions sont exsangues, aux prises avec un chômage endémique et un désespoir grandissant. Or, tout ce que nos brillants politiciens ont trouvé pour «revitaliser» ces véritables zones sinistrées, c’est de saccager leur environnement à coups de pipelines et d’exploitations gazières qui empoisonnent la nappe phréatique en créant très peu d’emplois, ou de saupoudrer quelques projets pharaoniques voués à l’échec, comme cette ridicule cimenterie de Port-Daniel qui a engouffré en pure perte des centaines de millions de dollars de fonds publics.

On a modifié les règles de l’assurance-chômage pour en exclure les travailleurs saisonniers, sabré dans les subventions aux coopératives et aux petites entreprises, forcé les agriculteurs à céder leurs terres à des géants de l’agroalimentaire, et tout misé sur le développement des villes en favorisant les promoteurs immobiliers. Et chaque fois que nos concitoyens des «régions» tentent d’exprimer leur inquiétude en se demandant pourquoi on fait tant de cas de l’immigration tout en se souciant si peu de leurs propres malheurs, nous, du haut de nos tours d’ivoire intellectuelles et de notre arrogance de citadins, les traitons de racistes et nous payons méchamment leur tête. Et on s’étonne, ensuite, de ce que Montréal ait si mauvaise réputation en province, ou qu’on se méfie tant des intellectuels en dehors de la métropole!

Certes, les immigrants ne sont pas en cause dans le déclin des régions ni dans le drame des inégalités qui n’en finissent plus de s’aggraver. Néanmoins, est-on bien certain de faire tout ce qu’il faut pour intégrer les néo-Québécois à notre société si «inclusive»? Le gouvernement Couillard – peut-être le pire de l’histoire du Québec – vient encore de sabrer dans les programmes de francisation des nouveaux arrivants. Les politiques communautaristes d’Ottawa, qui favorisent bien plus la ghettoïsation que l’intégration, combinées aux politiques d’austérité de Québec, qui privent de ressources et de débouchés non seulement les immigrants mais l’ensemble de la société civile, représentent un cocktail explosif qui met notre tissu social en danger.

Nous pouvons juger risibles les maladresses et les contradictions du discours de «Rambo» Gauthier, mais nous avons le devoir d’y tendre l’oreille, par-delà tout ce qu’il peut avoir de rebutant. Autrement, nous ouvrirons la porte à un futur Trump québécois – un démagogue qui, demain, deviendra le fossoyeur des valeurs qui nous sont les plus chères, parce que nous n’aurons pas su les défendre ni, surtout, prendre soin des plus vulnérables d’entre nous. Par-delà le caractère fantasque et peu amène du personnage, c’est aujourd’hui que nous devons entendre son appel au secours.

© Pascale Cormier, le 9 décembre 2016

Le poète Jean Chapdelaine Gagnon à Des anges et des mots

COMMUNIQUÉ POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Montréal, le 5 novembre 2016 – Jean Chapdelaine Gagnon sera la tête d’affiche de la soirée Des anges et des mots du 8 novembre prochain. Outre monsieur Chapdelaine Gagnon, les anges déçus accueilleront à cette occasion Gabrielle Boulianne-Tremblay, Maëlle Dupon et Jean Yves Métellus.

ff1dca_cdcb20e9168d4bc288c1cb876ca79acbJean Chapdelaine Gagnon a publié une quinzaine de recueils de poésie, la plupart aux Éditions du Noroît. Son œuvre décline la recherche de l’absolu de plusieurs façons, comme en témoigne les titres L dites Lames (1980), Cantilène (2006), Antonia (2013), Hallali (2015) et Abécédaire d’un zoo sans frontières (2016). En plus de ses activités poétiques, Jean Chapdelaine Gagnon a été également traducteur, chargé de cours en littérature et collaborateur au journal Le Devoir.

12841258_435526609976912_7521917432230574494_oÉtoile montante de la scène artistique d’ici, Gabrielle Boulianne-Tremblay a publié un puissant premier recueil, Le ventre des volcans, en 2015. La même année, elle s’est illustrée dans le court métrage poétique Broadway brûle. Plus récemment, elle tenait l’un des principaux rôles de Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, Prix du meilleur long métrage canadien lors de l’édition 2016 du prestigieux Toronto Film Festival. Gabrielle travaille présentement à deux projets littéraires, un roman et un second recueil de poésie.

jeanyvesmetellusD’origine haïtienne, Jean Yves Métellus explore les espaces intérieurs et rend compte de l’exil mieux que quiconque. Sur scène, son chant créole s’élève telle une plainte qui chercherait à réconcilier le pays des origines et celui rêvé. Jean Yves Métellus a entre autres publié Œil profane (2000), D’une rive à elles (2012) et Interlunes (2014). L’artiste s’adonne également à la peinture, entre autres formes d’expression artistique. Dans son Haïti natal, il a enseigné la littérature et animé des émissions de radio à caractère littéraire.

10559891_10153339091182748_3992940887897409885_nOriginaire de France – et plus particulièrement d’Occitanie -, Maëlle Dupon, poète, nouvelliste et traductrice, poétise à la fois en occitan et en français avec un égal bonheur et autant d’éclat. En plus de multiplier les lectures publiques, elle s’est fait remarquer au sein du duo Fin Amor, aux côtés du musicien et poète Louis Royer, avec qui elle a animé les récitals hommages Poésie du centre-ville. Parmi ses autres faits d’armes, mentionnons la publication d’un recueil de poèmes bilingues, La couleur lente de la pluie, aux Éditions Jorn (2013); une participation aux festival Voix de la Méditerranée (2013) et Voix Vives (2014); ainsi que sa contribution à l’organisation des Dix heures de poésie 2015.

À propos des anges déçus

LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé les anges déçus en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer, 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Sainte-Cath

BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Les anges déçus et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 8 novembre 2016. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Pour réservations : 514-223-8116.

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Renseignements :
Robert Hamel
roberthamelap@gmail.com
514-831-8798