Aurore boréale

Mirage (1977)

Klaus Schulze enregistre Mirage tandis que son frère se meurt. Ces circonstances lui inspirent un «paysage d’hiver électronique» où règnent stagnation et mort. Délaissant les percussions, multipliant les strates sonores et les motifs entrelacés, le musicien renoue avec les atmosphères angoissantes de ses débuts. Velvet Voyage, odyssée sonore dont l’ouverture jouxte les rives du Rubycon de Tangerine Dream, bifurque au bout d’un moment au gré des ondes bleutées d’une musique dense et opaque comme les glaces. Évoquant au départ un Tubular Bells froid comme l’espace, les strates sonores de Crystal Lake auront tôt fait de résonner de leur tintement cristallin jusqu’aux confins de l’Univers. Sans le moindre doute, Mirage figure au nombre des productions les plus intemporelles du synthétiste germanique. L’Antarctique intérieur.

© Robert Hamel, décembre 2011. Tous droits réservés.

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