Le silence des maisons vides

Le silence des maisons vides

Le silence des maisons vides
Le silence des maisons vides
Est plus noir que celui qui dort dans les tombeaux,
Le lourd silence sans repos
Où passent les heures livides.

On dirait que, comme le vent
Qui siffle à travers les décombres
Des vieux moulins tout remplis d’ombre
Passe, toujours se poursuivant,

L’heure, passant par ce silence
Comme si le pendule lent
Qu’une antique horloge balance
La comptait à pas lourds et lents,

Passe sans rien changer aux choses
Dans un présent cristallisé
Où l’avenir et le passé
Seraient comme deux portes closes

Et dans ce silence béant
On dirait, tant le temps est lisse
Que c’est l’éternité qui glisse
À travers l’ombre du néant.

– Hector de Saint-Denys Garneau

© Édition originale : Regards et jeux dans l’espace, Montréal [s.é.], 1937.

Pour tout savoir − ou presque − sur Hector de Saint-Denys Garneau, consultez le www.saintdenysgarneau.com.

Pour vous procurer Regards et jeux dans l’espace.

2 réflexions sur “Le silence des maisons vides

  1. Sylvie Groulx dit :

    Superbe. Merci pour la découverte.

    • Robert Hamel dit :

      Merci beaucoup. J’éprouve toujours beaucoup de plaisir et de fierté lorsque je fais découvrir un poète québécois à quelqu’un et que cette personne l’apprécie.

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