L’Absent (Fernand Ouellette)

L’Absent
Sensible ou non aux âges,
Je reste un fils
Lorsque parfois je retrouve
Ma propre enfance. Conquérante.

Et je reprends ma vie
Avec sa lourdeur,
Avec la fatigue de celui qui subit
Le temps, en témoin désarmé
De ce qui s’exténue en lui.
Errant toujours en quête
D’une présence,
Même au fond de la rose des vents.

Suis-je un père
Perdu par et pour le fils ?

Et pourtant, je tiens l’absent avec tout mon être
Jusque dans la mémoire des bras,
Jusque dans son propre affolement,
Sa détresse
Lorsqu’il prenait conscience
De marcher à côté de son rêve.

Je vais sous l’azur,
À pleins regards, à pleins souvenirs,
Tout orienté vers une forme, une icône,
Tout oreille pour une voix qui pourrait surgir
Un jour à la croisée des silences.

— Fernand Ouellette, Éditions du Passage, 2010.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s