Lézanges reçoivent Henry Saint Fleur

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Montréal, le 6 avril 2017 – Le poète montréalais d’origine haïtienne Henry Saint Fleur sera l’invité principal du duo poétique Lézanges à l’occasion de la sixième soirée Des anges et des mots de la saison 2016-2017. Cette soirée aura lieu le 11 avril prochain dès 19 ­h, au Bistro Le Ste-Cath (4264, rue Sainte-Catherine Est).

17523050_1461183153945968_8148195463102764338_nArtiste multidisciplinaire – il est aussi comédien, homme de radio et photographe à ses heures -, Henry Saint Fleur lira des extraits de son plus récent recueil, l’inédit Rêver le pays natal (2016). Outre cet opus, M. Saint Fleur a entre autres publié Transhumance (1994) ainsi que de nombreux autres textes dans diverses revues et collectifs, au Québec et à l’étranger.

17796508_1461183310612619_7264157404891005745_nEn plus de M. Saint Fleur, le fidèle public du Bistro Le Ste-Cath pourra voir et entendre trois autres auteur-e-s de talent, soit Nathalie Lachance, Hugh Hazelton et Tanya Lapierre. Poétesse au verbe sombre comme certains se plaisent à la décrire, Nathalie Lachance séduit le public avec la puissance évocatrice des symboles et des mythes qui parsèment ses textes.

17800448_1461183440612606_3253173736344105588_nÉcrivain et traducteur, Hugh Hazelton croit pour sa part en une poésie déclamatoire, politisée, expérimentale, visuelle, récitée, chantée et balbutiée qui mord, caresse, fait rire, confronte, se lamente, nomme, imagine, rappelle, évoque, s’inscrit en faux et pousse à la réflexion. M. Hazelton a été publié en anglais, en français et en espagnol.

17457355_1456694674394816_894597484137831257_nTanya Lapierre, elle, se décrit comme une vagabonde dans la métropole qui a passé sa vie à scruter les rues de la ville à la recherche de son idéal. Elle affirme que la musique et la poésie l’ont sauvée de la pauvreté du coeur et qu’elle leur doit tout son amour.

Enfin, mentionnons que huit personnes sont inscrites au micro libre.

Quelques mots sur Lézanges
LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé Lézanges en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

Quelques mots sur le Bistro Le Ste-Cath
BistroEn phase avec la collectivité, le Bistro Le Ste-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à des organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelques 260 spectacles gratuits et variés.

Lézanges et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 11 avril 2017 à compter de 19 h. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie-IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Pour réservations: 514-223-8116.

– 30 –

Pour renseignements :
Robert Hamel
roberthamelap@gmail.com
514-831-8798

Une Saint-Valentin déjantée avec les anges et leurs invitées

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

 Montréal, le 9 février 2017 – Les anges déçus promettent à leur fidèle public une Saint-Valentin déjantée alors qu’ils déclineront érotisme et amour charnel de multiples façons le 14 février prochain au Bistro Le Sainte-Cath, comme en témoigne le thème de la soirée, L’amour s’envoie en l’air.

12240135_10207721323901896_7325289268768785964_nLa flamboyante Frédérique Marleau, qui vient tout juste de lancer son quatrième recueil de poésie, Je mets le feu à la nuit, paru aux Éditions Marjac le 15 janvier dernier, sera la tête d’affiche de cette cinquième soirée Des anges et des mots. Les anges ont arrêté leur choix sur Frédérique en raison de son érotisme percutant qui ne fait pas toujours dans la dentelle… et préfère souvent le cuir clouté!

384352_437095189655757_1268064372_nTrois autres poétesses invitées seront réunies autour des anges. Pascale Cormier, qui lançait l’an dernier un troisième recueil, Une cathédrale de chair, aux Éditions de l’étoile de mer, conjugue sentiments humains et érotisme avec une soif criante de vérité.

mel_bueMél Bué, qui a elle aussi lancé un premier recueil en 2016, intitulé MéliMémo, aux Éditions Empire Desmarais Lavigne, ravira le public avec des textes adroits et plein d’esprit.

16216185_1251096814981231_668620058_nEnfin, Sonya Deschamps complétera ce quatuor de choix avec sa plume élégante, étonnante et nuancée à souhait.

16244292_1867233496893071_1119514794_nPour souligner ce spécial Saint-Valentin déjanté, les anges ont décidé d’offrir à leur fidèle public un cadeau de choix. En effet, Cœur de Lyon charmera l’assistance avec un numéro burlesque qui rendra hommage à la spectaculaire Jessica Rabbit, icône sensuelle bien connue des cinéphiles.

À propos des anges déçus
LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé les anges déçus en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Sainte-Cath
BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Les anges déçus et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 14 février 2017 à compter de 19 h. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. IL EST FORTEMENT CONSEILLÉ DE RÉSERVER, SURTOUT EN CETTE SOIRÉE DE SAINT-VALENTIN : 514-223-8116.

– 30 –

Pour renseignements :
Robert Hamel
roberthamelap@gmail.com
514-831-8798

Les anges reçoivent la poète Audrey Gauthier

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

12072578_10153844192215934_6800274054399163380_nMontréal, le 5 janvier 2017 – La jeune poète Audrey Gauthier sera la tête d’affiche de la soirée Des anges et des mots du 10 janvier prochain. Outre Audrey, les anges accueilleront également Brigitte Therien, Vicki Laforce et Normand Lebeau.

Audrey Gauthier a signé un premier recueil remarqué, Une espèce de l’abîme, aux Éditions du Noroît en 2016. Certains de ses textes ont également été récités par Chloé Sainte-Marie sur son livre-disque À la croisée des silences, paru à l’automne 2014.

10418305_679409788778951_1559417837449555285_nEnsemble, Brigitte Therien et Normand Lebeau co-animent La Cour des poètes depuis maintenant quelques saisons. Brigitte Therien est venue à la poésie de micro par le slam, duquel elle a conservé le goût de textes brefs et percutants, mais mis de côté l’aspect compétitif au profit de prestations plus théâtrales.

15492285_1292245327531984_5826002250477985310_nPour sa part, Normand Lebeau a donné dans la nouvelle avant d’opter pour une prose poétique, résultat de sa participation à un cercle de poésie. Sa verve déjantée et irrévérencieuse a fait de lui l’un des poètes les plus rigolos qui soient et il ne rate jamais une occasion de dérider l’assistance.

15826725_102319423607471_9108349486270614233_nÀ ce jour, Vicki Laforce a signé quatre recueils de poésie, dont les deux plus récents aux Éditions de l’étoile de mer. Ces dernières années, elle s’est éloignée de la scène pour se concentrer sur l’écriture. Elle prépare en ce moment un cinquième recueil et un premier roman.

À propos des anges déçus

LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé les anges déçus en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Sainte-Cath

BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Les anges déçus et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 10 janvier 2017. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Il est fortement conseillé de réserver : 514-223-8116.

– 30 –

Renseignements :
Robert Hamel
roberthamelap@gmail.com / 514-831-8798

Le poète Jean Chapdelaine Gagnon à Des anges et des mots

COMMUNIQUÉ POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

Montréal, le 5 novembre 2016 – Jean Chapdelaine Gagnon sera la tête d’affiche de la soirée Des anges et des mots du 8 novembre prochain. Outre monsieur Chapdelaine Gagnon, les anges déçus accueilleront à cette occasion Gabrielle Boulianne-Tremblay, Maëlle Dupon et Jean Yves Métellus.

ff1dca_cdcb20e9168d4bc288c1cb876ca79acbJean Chapdelaine Gagnon a publié une quinzaine de recueils de poésie, la plupart aux Éditions du Noroît. Son œuvre décline la recherche de l’absolu de plusieurs façons, comme en témoigne les titres L dites Lames (1980), Cantilène (2006), Antonia (2013), Hallali (2015) et Abécédaire d’un zoo sans frontières (2016). En plus de ses activités poétiques, Jean Chapdelaine Gagnon a été également traducteur, chargé de cours en littérature et collaborateur au journal Le Devoir.

12841258_435526609976912_7521917432230574494_oÉtoile montante de la scène artistique d’ici, Gabrielle Boulianne-Tremblay a publié un puissant premier recueil, Le ventre des volcans, en 2015. La même année, elle s’est illustrée dans le court métrage poétique Broadway brûle. Plus récemment, elle tenait l’un des principaux rôles de Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, Prix du meilleur long métrage canadien lors de l’édition 2016 du prestigieux Toronto Film Festival. Gabrielle travaille présentement à deux projets littéraires, un roman et un second recueil de poésie.

jeanyvesmetellusD’origine haïtienne, Jean Yves Métellus explore les espaces intérieurs et rend compte de l’exil mieux que quiconque. Sur scène, son chant créole s’élève telle une plainte qui chercherait à réconcilier le pays des origines et celui rêvé. Jean Yves Métellus a entre autres publié Œil profane (2000), D’une rive à elles (2012) et Interlunes (2014). L’artiste s’adonne également à la peinture, entre autres formes d’expression artistique. Dans son Haïti natal, il a enseigné la littérature et animé des émissions de radio à caractère littéraire.

10559891_10153339091182748_3992940887897409885_nOriginaire de France – et plus particulièrement d’Occitanie -, Maëlle Dupon, poète, nouvelliste et traductrice, poétise à la fois en occitan et en français avec un égal bonheur et autant d’éclat. En plus de multiplier les lectures publiques, elle s’est fait remarquer au sein du duo Fin Amor, aux côtés du musicien et poète Louis Royer, avec qui elle a animé les récitals hommages Poésie du centre-ville. Parmi ses autres faits d’armes, mentionnons la publication d’un recueil de poèmes bilingues, La couleur lente de la pluie, aux Éditions Jorn (2013); une participation aux festival Voix de la Méditerranée (2013) et Voix Vives (2014); ainsi que sa contribution à l’organisation des Dix heures de poésie 2015.

À propos des anges déçus

LesangesClaudine Lippé et Robert Hamel ont formé les anges déçus en 2015. Claudine Lippé a remporté le premier prix du concours de poésie La rivière des Mille-Îles m’inspire en décembre 2015. Pour sa part, Robert Hamel a publié Les souvenirs ventriloques (Éditions de l’étoile de mer, 2013). Outre de nombreuses lectures publiques et un recueil à deux voix en chantier, chacun nourrit des projets en solo.

À propos du Bistro Le Sainte-Cath

BistroEn phase avec la collectivité, Le Bistro Le Sainte-Cath (www.stecath.com) combine cuisine créative, scène artistique vivante et aide aux personnes marginalisées. Pour cette raison, le Bistro verse tous ses profits à un nombre important d’organismes communautaires et agit à titre d’incubateur d’artistes en proposant chaque année quelque 260 spectacles gratuits et variés.

Les anges déçus et le Bistro Le Sainte-Cath attendent le public en grand nombre le 8 novembre 2016. Le Bistro est situé au 4264, rue Sainte-Catherine Est (métro Pie IX et autobus 139 Sud ou métro Papineau et autobus 34 Est). L’entrée est gratuite. Pour réservations : 514-223-8116.

 – 30 –

Renseignements :
Robert Hamel
roberthamelap@gmail.com
514-831-8798

Yvon Jean, personnalité poétique underground de Montréal 2013

Le poète Yvon Jean (crédit photo : Jean-Claude Collet)

L’année 2013 s’est avérée fertile dans le milieu de la poésie underground montréalaise, et le poète, animateur (de soirées de poésie, de webtélé et de radio communautaire) et vidéaste-photographe Yvon Jean a été sans contredit l’une de ses figures emblématiques. Après avoir sondé le pouls d’un certain nombre d’artisans de la scène, Lune funambule lui décerne donc le titre de Personnalité poétique underground de Montréal 2013. Yvon Jean trône ainsi au sommet d’une liste qui inclut Pascale CormierYvon d’Anjou, les responsables du site Internet Poème Sale (Charles Dionne et Fabrice Masson-Goulet), Marjolaine Robichaud et Éric Roger.

Tout d’abord, une confidence : lorsque je me suis entretenu avec Yvon Jean afin de préparer cet article, j’ai grandement sous-estimé la tâche à accomplir. Tout d’abord, je me suis rendu à l’entrevue sans mon magnétophone numérique, introuvable et demeuré au fond d’une boîte depuis mon déménagement de décembre 2012. Ensuite, je n’avais pas conscience de certaines choses : de un, il suffit d’une question à l’homme au chapeau noir pour réaliser une entrevue de près d’une heure et demie; de deux, la vie de ce poète montréalais est un véritable roman déjanté digne d’un Victor-Lévy Beaulieu sur l’acide; de trois, il m’aurait fallu prendre des notes plus vite que mon ombre pendant l’entrevue; et de quatre, il allait s’écouler quelques semaines avant que je ne puisse rédiger ce texte, ce qui me compliquerait sensiblement la tâche.

Mais qu’à cela ne tienne, voici mon billet : un tournant majeur s’amorce en novembre 2012 lorsque le grand Yvon met un terme à une relation étroite avec la dive bouteille pour investir le champ de la poésie underground montréalaise. Noires Poésies, son premier ouvrage publié aux Éditions Teichtner quelques années plus tôt, refait surface au printemps 2013 avant d’être rapidement suivi de Au pic pis à pelle, un recueil en joual qui paraît aux Éditions Première Chance. Du même souffle, Yvon Jean se lance dans une nouvelle aventure avec SoloVox webtélé aux côtés de son complice Éric Roger. Suivra bientôt toute une série d’émissions qui meubleront les samedis après-midis de douteux.tv, la télé des délaissés, et un retour à la radio communautaire, sur les ondes de Radio Centre-ville, en compagnie des comparses Marc Lavoie et Yvon d’Anjou. Et le grand Yvon Jean ne s’arrête pas là : il institue — le mot est faible — ensuite les Soirées micro-libre au Bistro de Paris. Véritable marathon poétique « jusqu’à plus poètes » comme le veut l’expression consacrée, l’événement remporte en très peu de temps l’adhésion d’un grand nombre de poètes et de férus de poésie. C’est la cerise sur le sundae pour le poète originaire de la Rive-Nord.

Sans compter qu’Yvon Jean est devenu en quelque sorte le vidéaste « officiel » de la poésie underground à Montréal. Accompagné de sa fidèle partenaire, Sonia Bergeron, il n’est pas une soirée de poésie digne de ce nom qui n’ait été capturée sur vidéo ou criblée de photos au rythme infernal de ce Kid Kodak de la rime. Comme il le dit lui-même, « je vous filme gratis, mais si vous voulez pas être filmé, c’est 25 $ ». Yvon Jean compte maintenant plus de 1 000 vidéos de poésie diverses sur les chaînes YouTube et Dailymotion. Un véritable travail d’archivage de la poésie underground montréalaise sur scène, à la webtélé et à la radio communautaire.

Depuis qu’il a pris ses distances avec l’alcool, Yvon Jean est en mission commandée. Doté d’une énergie hors du commun — il semble ne jamais dormir —, planifiant ses activités des semaines, voire des mois à l’avance, l’homme rêve d’une révolution poétique. Il affirme d’ailleurs que l’écriture est un art accessible qui permet de réaliser de grandes choses avec très peu de moyens et donc, de ce fait, révolutionnaire. Et il se dit prêt à entraîner à sa suite une armée de combattants de la libre-expression.

De poésie et de fureur
Yvon Jean
revient de loin. Issu d’une famille qu’il qualifie lui-même de « dysfonctionnelle », son père, Robert Jean, un marginal qui avait souffert de la violence paternelle et qui carburait à l’alcool, était, malgré son manque d’instruction, un poète dans l’âme et un conteur hors pair qui réinventait sa vie à grand renfort d’histoires toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. Jack of all trades et self-made-man, le père Jean était doté d’une force remarquable — à 12 ans, il venait à bout « d’hommes faites » lors de combats de boxe — et d’un pouvoir de persuasion peu commun. Capable de vendre de la neige à des esquimaux, il possédait un redoutable instinct de survie et était doté d’une intelligence innée des mécanismes. Sans autres études qu’une troisième année mais sans complexes, il pouvait réparer et assembler certaines machines sans connaître le nom des pièces.

Instable, il a pratiqué 56 métiers et trempé dans plusieurs histoires louches. Pour échapper à la violence de son père, Robert Jean avait quitté le domicile familial à 13 ans et était devenu bûcheron. Sa capacité de travail était impressionnante, mais un grave accident a mis fin prématurément à l’aventure. Seul dans le bois, un pied coupé, il croit sa fin arrivée, mais son cheval lui sauve la vie. Puis, il sillonne les routes et son existence ressemble un temps à un hybride road trip-film de gangsters qui aurait été coréalisé par Wim Wenders et Quentin Tarantino. Des années plus tard, il rencontre sa femme, une danseuse à go-go. Ce sera le coup de foudre. Les tourtereaux se marient et ont deux garçons. Mais bientôt, la violence et l’alcool entreront en scène. La vie de la famille Jean sera tout sauf un long fleuve tranquille.

Yvon Jean grandit lui aussi à coup de claques derrière la tête et de coups de pied au cul. Et quand il pleure, son père le traite de « fifi » et en remet. L’homme au chapeau noir aborde ses souvenirs d’enfance d’une façon anecdotique, mais semble se souvenir du moindre détail. Malgré un apparent détachement, on sent que les blessures ne sont pas toutes cicatrisées. Jeune, il est introverti, timide, timoré, voire effacé. C’est un solitaire qui passe de longues heures dans les bois, un loner, un EMO avant l’heure qui aimerait bien rendre la vie de sa mère moins difficile. À l’extérieur de la maison, le cycle infernal de la violence se reproduit : il est victime d’intimidation de la part d’un goon de la polyvalente.

Parvenu à l’adolescence, Nelligan et la poésie lui offrent une évasion et un exutoire aussi salutaires qu’indispensables. Il n’a que 16 ans lorsqu’il découvre à la fois la grâce et le malheur qui l’habitent : il consacre plus de 200 heures à l’écriture d’un premier poème lu devant un professeur de français incrédule. Estomaqué par la qualité du texte, l’enseignant soupçonne le jeune Yvon Jean de plagiat et demande aux élèves de se prononcer. Le poète en devenir en prend pour son rhume et récolte un maigre 60 %, une note inférieure à celle d’un autre élève ayant fait le récit d’une soucoupe volante qui atterrit dans un bol de soupe! Or, son talent, comme il le découvrira bien plus tard, lui vient d’une tante qui, comme lui, avait un penchant marqué pour l’inversion dans la syntaxe.

Décidément, on hérite tout de la famille : aussi, Yvon Jean quitte-t-il la maison familiale à l’âge de 18 ans. La petite vie rangée, très peu pour lui. Il rêve d’être poète. Il entreprend 1 001 projets : il s’adonne entre autres à la boxe, mais sa carrière sera de courte durée, car il refuse les avances de son entraîneur, un personnage influent du noble art montréalais de l’époque. Il s’astreint également à une rude discipline : il écrit un poème par jour pour sa blonde. Il estime avoir investi plus de 10 000 heures dans la pratique de son art.

Jeune adulte, Yvon Jean est confronté à ses démons intérieurs. Il habite un temps une chambre en ville et adopte l’uniforme des skinheads : vêtu de noir, tête rasée, il n’accepte aucun compromis, quitte à se nourrir uniquement de pommes de terre. Plus tard, il entrera au Garde-Manger, un OSBL, comme on entre en religion. Comme l’écriture, Yvon Jean aborde tout ce qui l’intéresse avec une ferveur quasi religieuse. Il reste 22 ans au Garde-Manger et ne compte pas ses heures. Il aurait d’ailleurs travaillé plus de 15 000 heures supplémentaires sans être payé. Qu’à cela ne tienne, l’homme est entier : il ne fait rien à moitié.

En marge de son travail, il se cultive en autodidacte et dévore les livres. Beaucoup de poètes, mais aussi des penseurs. Il nourrit son esprit comme d’autres nourrissent leur corps. Il se livre aussi à d’étranges pratiques, allant même jusqu’à passer six mois sans adresser la parole à qui que ce soit. Entre-temps, il tente de trouver le courage nécessaire pour monter sur scène et déclamer son art, mais peine à y parvenir. Éventuellement, une collègue de travail lit un de ses textes lors d’un événement de poésie. Lorsqu’elle téléphone à l’auteur pour lui relater l’expérience, il éclate en sanglots.

L’alcool aidant, il vaincra ses craintes lors d’une soirée SoloVox avant de quitter la scène et la salle en coup de vent. Éric Roger le remarque aussitôt. C’est le début d’une amitié indéfectible.

En 2005, une rupture amoureuse le plonge de façon radicale dans l’alcool. « J’avais décidé de devenir alcoolique », dit-il, tellement la douleur lui était insupportable. Il ingurgite des quantités industrielles d’alcool et sombre dans des comas éthyliques. En une seule année, il sera hospitalisé à plus de 50 reprises en raison de son inclination à boire. Il écrit beaucoup, mais, peu à peu, il dérive et atteint le fond du baril. Il aura fallu attendre l’automne 2012 avant qu’il trouve la force de changer les choses et entreprenne le comeback de l’année. Depuis, il est sur une lancée phénoménale. Homme de la renaissance ou renaissance de l’homme? L’homme à tout faire — et homme de fer — de la poésie montréalaise prévoit s’adonner à ses « bonnes œuvres » pendant une quinzaine d’années avant de prendre sa retraite au fond d’un bar.

Souhaitons-lui alors que ce bar soit le refuge de nombreux poètes.

– 30 –

Pour un point de vue différent sur l’oeuvre et la vie d’Yvon Jean, lisez l’entrevue qu’il a accordée à Simon Duplessis sur Bazoom.ca.

Pour une critique de son recueil Au Pic pis à Pelle, lisez la chronique de Simon Duplessis sur Bazoom.ca.

Pour en savoir davantage sur Yvon Jean, consultez sa page Facebook ainsi que les diverses pages qu’il consacre à ses émissions de webtélé hebdomadaires.

Yvon Jean et cie au Bistro de Paris le 2 juillet

Poésie micro libre

C’est un oiseau. C’est un avion. Non, c’est… Yvon Jean!

Depuis quelque temps, il est partout. À Montréal, événements à caractère poétique et Yvon Jean sont maintenant synonymes. Ce dernier est de toutes les soirées et lancements, assidu comme une horloge suisse, plus énergique que LG-2. Lorsqu’il ne déclame pas ses vers singuliers et mordants avec sa fougue habituelle et sa voix qui franchit l’espace mieux qu’un avion de chasse, la plupart du temps accompagné de son complice Pasquipaz, bidouilleur sonore et technicien hors pair, on le retrouve derrière la caméra vidéo, grâce à laquelle il monte une étonnante collection de tout ce qui se récite ces temps-ci, ou encore derrière l’appareil photo, flashant plus vite que son ombre, immortalisant poètes et amateurs de poésie à la vitesse grand V. Et je ne mentionne même pas ses activités télévisuelles et radiophoniques.

Le poète Yvon Jean à l'œuvre.Cette fois, Yvon Jean crée lui-même l’événement. Une soirée micro libre, généreuse comme il les aime, précédée de deux parties totalisant une heure et demie, le mardi 2 juillet, à compter de 19 h 30, au Bistro de Paris (4536, rue Saint-Denis, à l’angle de l’avenue du Mont-Royal). Tout d’abord, 30 minutes en compagnie de Robert Hamel, auteur d’un récent recueil de poésie intitulé Les souvenirs ventriloques. Puis, pas moins d’une heure de poésie et de musique avec le duo Yvon Jean-Pasquipaz. Il s’agira également d’une troisième expérience d’animation pour Yvon Jean, qui a assumé le rôle de maître de cérémonie lors d’un triple lancement au Pas Sages le 5 juin et de la soirée Psaume du 7 juin. Marc Poellhuber, poète de l’improvisation musicale, créera les paysages musicaux, et la soirée se terminera par le traditionnel micro libre. Les inscrits auront un maximum de cinq minutes pour mettre en valeur leur art.

La contribution volontaire suggérée a été établie à 5 $. On vous y attend en grand nombre.

Rappelons enfin qu’Yvon Jean vient de lancer un recueil de poésie entièrement écrit en joual, Au pic pis à pelle. Son recueil précédent, *Noires Poésies, a également été réédité tout récemment.

* Cet hyperlien mène à la page Facebook d’Yvon Jean. Pour y accéder sans problème, vous devez être connecté à Facebook.

Soirée Femmes de parole du 13 juin

Femmes de paroles

La poète réputée Nancy R. Lange animera la soirée Femmes de parole qui aura lieu le 13 juin 2013 à compter de 19 h à la librairie Monet des Galeries Normandie (2752, rue de Salaberry), à Montréal. Cet événement mettra en vedette Julie Stanton et Aspasia Worlitzky. De nombreux thèmes seront abordés à cette occasion, dont l’amour, la guerre, l’exil, la résilience et le sens de la lumière. Votre humble serviteur sera sur place, puisqu’il a été invité à lire au micro libre.

La contribution suggérée pour assister à la soirée est de 5 $. Vous pouvez réserver vos places dès maintenant en composant le 514-337-4083 ou encore en écrivant à l’adresse courriel evenements@librairiemonet.com. Nous vous attendons en grand nombre.

À propos de Julie Stanton
Julie Stanton
est née en 1938 à Québec. Elle y habite toujours et en est profondément amoureuse. Elle pratique le journalisme indépendant et la rédaction pour gagner sa vie et écrit de la poésie pour ne pas la perdre. Également romancière, elle a représenté le Québec à Paris en 1997 et 1999 lors de la Rencontre internationale de poésie féminine contemporaine de langue française, qui s’est tenue au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris, sous l’égide de l’association Les Messagères du poème.

Publié en 2004, Requiem pour rêves assassinés : Hommage à Pablo Neruda, l’amènera l’année suivante à effectuer une tournée littéraire à Santiago du Chili, où le livre sera lancé à la Chascona, l’une des maisons-musées de Neruda. En novembre 2005, Requiem… est finaliste au Prix de poésie Alain-Grandbois. En 2011, Carnets de l’Isle-aux-Grues se mérite le Prix du Patrimoine des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Cette même année, Parfaitement le chaos suivi de Élie ma joie est reçu comme « un recueil de grandes proses intenses et révoltées contre la douleur (…) ciselé aux flammes et aux souffrances ».

Membre de l’Union des écrivains et des écrivaines du Québec, Julie Stanton a publié en revues ici et outre-frontières. Auteure d’une douzaine de livres depuis sa venue à l’écriture, laquelle remonte à 1980, l’écrivaine poursuit aujourd’hui une œuvre marquée par l’attrait de l’ailleurs. Un ailleurs qui la conduira jusqu’au pays des morts avec la publication à venir de Mémorial pour Geneviève. Et autres tombeaux.

À propos d’Aspasia Worlitzky
Aspasia Worlitzky
est auteure du livre de poèmes ¿Adónde vas madre?, publié aux Éditions Alondras, à Montréal. Professeur de langues et d’expression dramatique, elle détient une maîtrise en éducation. Elle a participé à la 14e Rencontre internationale de femmes Poètes à Oaxaca, au Mexique; au festival Palabra en el Mundo, à Montréal; au spectacle bénéfice Du nord au sud, encore à Montréal; à la deuxième Rencontre d’écrivains hispano-canadienne, toujours à Montréal, et au 26e Festival international de la poésie de Trois Rivières.

Asapia Worlitsky danse le flamenco et a fait partie du groupe de théâtre La Barraca (Montréal). Elle a réalisé la lecture dramatique de la pièce Albertine en cinq temps de Michel Tremblay et a été comédienne à la télé et au cinéma. Elle a notamment joué dans La conciergerie (prix du Festival des films du monde) et Hasard et coïncidences, un film signé Claude Lelouch.

Ses écrits ont été livrés dans la revue Brèves littéraires, à Laval, ainsi que dans les anthologies Voces sin fronteras aux Éditions Alondras, à Montréal; Conjuro de luces, au Centre d’études de la culture mixteca, au Mexique; Presencia femenina en la literatura nacional, aux éditions Semejanza, au Chili; et Esplendor nocturno, au Centre d’études poétiques de Madrid, en Espagne.

Nancy R. Lange anime la soirée Femmes de paroles.

Nancy R. Lange anime la soirée Femmes de paroles.

À propos de Nancy R. Lange
Nancy R. Lange
 a publié quatre recueils de poésie aux Écrits des Forges : Annabahébec, Femelle Faucon, Reviens chanter rossignol et Au seuil du bleu. Elle a publié des poèmes dans des collectifs (Château Bizarre) et en revue (Brèves littéraires 79 et 80, Exit, Arcade, Estuaire et Moebius). Elle a collaboré à Macadam tribu et à des spectacles multimédia, dont Au seuil du bleu. Elle a participé à des activités de la Société littéraire de Laval en 2010, dont Journées de la culture et Sainte-Rose en Bleu.

Plus récemment, Nancy R. Lange a fait une tournée dans l’Ouest canadien et s’est produite dans le cadre du Festival du Spoken Word de Calgary 2013.